Mourir sans famille 
    Chanceux écrivains maudits « tombés dans le domaine public » en même temps que dans la mort. Sans famille comme Rictus, ou dont la famille a refusé l’héritage du fait de trop de dettes comme Armand Robin. S’ils ont quelque valeur, ils trouveront quelques rapaces ratés qui s'autoproclameront éditeurs ou critiques, mais c'est toujours mieux qu'une famille pour faire fructifier un arbre fraîchement mort.
Mise en ligne : samedi 4 juin 2016, 11:36
Classé dans : 2014  |  Traces
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Mail 
    Vous travaillez pour quelle marque de pantalons alors ?
    Enfin Ignatus, je me souviens... celui de la Conjuration des Imbéciles... oui c’est un personnage de fiction... enfin c’est loin d’être moi autant que je me souvienne... J’ai quitté ma mère très tôt et je fais (presque) du 36 en pantalon... C’est quand même fou le nombre de gens qui choisissent Houellebecq et Céline et Baudelaire dans leurs goûts, il y en a tellement que je me dis que la plupart ne recherchent pas des amis de ce genre, quand même, encore moins des amants (car c’est ce que beaucoup de gens cherchent ici et de par le monde j’ai remarqué).
    Moi dans ce genre de personnage je ressemble plutôt d’ailleurs à Armand Robin ou Déguignet, du fait de mes indécrottables origines bouseuses bretonnes. Hélas en bien moins brillant.
    Bon ben salut S. !
    Christian
Mise en ligne : samedi 4 juin 2016, 11:22
Classé dans : 2009  |  Correspondance
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Analyses 
Journée vieux gâteux sur France-Culture.
Ginette, petite mémé toujours contente
qui épingle sur son chauffe-eau les photos
de petites filles portées disparues depuis 4 ans...
Mais son mari a fait 36 mois de Guerre d’Algérie.
La sentence ne tarde pas : « Il faudrait
les tuer tous... Yen a pas la moitié d’un qui est bon... »
« Elle parle au lieu de penser », telle est
l’analyse de Sonia, la reporter. [suite...]
Mise en ligne : dimanche 13 mars 2016, 05:28
Classé dans : 2004
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Pas sérieux 
    Le monde autour de moi change sans arrêt. Tout s’écroule sans arrêt tellement il y a sortant de terre, ici des baobabs, là un cactus, plus loin des châtaigniers nains, et si vite, et pour se transformer au premier tournement de dos en charrues multisocs, en colonnes d’oiseaux migrateurs, en espaces vides, que sais-je... Parfois en espoirs partiellement exaucés.
    Mais c’est peut-être mes yeux ou seulement mon système nerveux médian qui ne fonctionneraient pas ?
    Et j’irai dans cet état-là parler aux gens, leur indiquer leurs rues, voter aux élections ? Allons, allons, ça n’est pas sérieux...
    J’espère que vous me comprenez ?
Mise en ligne : dimanche 28 février 2016, 10:56
Classé dans : 2001
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Péché de frime 
    Lundi 2 décembre 2002 — Aussi bien quand je raconte que j’écoute France-Culture, que quand je me montre explorant les dernières radios libres, que quand je fais semblant de m’intéresser aux musiques électroniques... toujours je me ressens en péché de frime ; il est tout à fait certain que le lecteur éventuel se moque de moi. Impossible d’analyser facilement, mais cela détone sûrement avec ce que me souffle ordinairement mon Capitaine Intérieur. Je suis un plouc, un sous-homme. Je n’ai pas le droit d’écrire, voilà la vérité. La démocratie, c’est du théorique. Seuls Philippe Sollers, Christine Angot, le Mari de Claude Sarraute, le fils à Zanini, etc... ont le droit d’écrire. Des gens comme moi qui arrivés à dix-huit ans n’avaient pas lu plus d’une dizaine de livres, qui ont été élevés par des paysans ne parlant pas une langue moderne, s’ils pondent un livre normalement c’est pour écrire comme Pêr-Jakes Hélias, des trucs simplets et gentils.
Mise en ligne : lundi 22 février 2016, 07:00
Classé dans : 2002
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De réfléchir que je suis peut-être une nuisance... 
    De réfléchir que je suis peut-être une nuisance, moi aussi. De m’interroger. On est peut-être tous des nuisances. Chacun est la nuisance de quelqu’un.
    Exister. Exister mais en tremblant lorsqu’on a à dire certaines phrases. Présenter un visage figé dans une configuration qu’on ne peut décrire soi-même (parce qu’on ne se voit pas bien), et que jamais personne ne vous a jamais décrit en faisant usage du langage humain. Ne pas avoir certaines réactions quand certains types d’objets (certaines espèces d’animaux plus précisément) traversent son champ de vision. Ne pas vouloir comprendre ce qu’on ne vous demande absolument pas de comprendre, puisque ça évolue dans un dialogue où rien jamais n’est dit... Peut-on dire que tout ça — figements de visage, non-actes, et les actes exécutés maladroitement — que tout ça ferait partie du lexique d’un deuxième langage humain, langage délaissé des lingüistes, le langage émotionnel c’est peut-être ça ?
    Aucune ligne du Dalloz, aucun code de morale, aucun règlement d’immeuble, rien ne reproche rien à ces attitudes.
Mise en ligne : vendredi 19 février 2016, 08:39
Classé dans : 2002
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À partir de 26 ans 
À partir de 26 ans
— âge moyen constaté —
n'y a plus de gens, n'y a plus
que des pseudos.

Dès cet âge, l'être humain, perdant pied
fait plus que ramer
pour essayer de faire paraître
aux yeux du monde
une image
à peu près bitable
de lui-même.

— Bein quoi ?... Regardez autour de vous...
... moi, par exemple.

Ça s'arrête à 62.
Mise en ligne : dimanche 24 janvier 2016, 13:53
Classé dans : 2004
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Les moutons sont-ils des ovins ? 
    Hier au supermarché, une femme parlait toute seule. Mon monde est beau quand y traînent des folles.
    (Toute seule ? N'était-ce pas plutôt à son portable ?)
    « Les moutons c'est bien des ovins ? », s'exclama-t-elle devant une barquette de merguez.
    « Ouh ouh !... ... C'est à vous que je parle !
    — Oui. »
    Elle devait chercher un amant, à cette heure de début d'après-midi. Mais moi une folle qui parle toute seule à mon plaisir suffit.
Mise en ligne : vendredi 22 janvier 2016, 08:47
Classé dans : 2007
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Test de comportement 
    Vendredi 21 juillet 2006
    J'ai rêvé que je passais un « entretien d'embauche » avec « test de comportement ». (Chose que je n'ai jamais eu à subir dans la vie réelle.)
    Ça m'a étonné à quel point mon inconscient pouvait être malin pour concevoir ce genre de tests. Je n'aurais pas cru ça de lui !
    C'est époustouflant, par contre, ce que mon conscient peut être manche. Il tombait réellement dans tous les pièges.
    Il y avait des bouteilles en plastique partout, un objet sans usage comportant quatre formes en plastique dont l'une phalloïde. Il aurait fallu que je range avant de commencer... ou alors que j'interroge mon interlocuteur sur l'utilité de tout ça... ou... je ne sais... Ça m'a simplement laissé sans réaction.
    C'était à un point tel que le psychologue que mon rêve avait placé en face de moi a fini par perdre son sang froid.
    Il ne faut pas s'énerver, Monsieur !
    Ou si ?
    Si. Dans certains cas limite, il faut s'énerver.
    Je me suis réveillé juste à ce moment-là, dommage, ça m'amusait beaucoup.
Mise en ligne : mercredi 20 janvier 2016, 19:06
Classé dans : 2006
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